Dans le mortel soupir de l'automne, qui frôle mes joues frileuses,
passe un murmure éteint... un souvenir hideux
d'une enfance kidnappée (KID-napper).
Cette enfance qui est le printemps pour les autres,
fut la tombe de ma vie future.
Ensevelie sous ces funestes ombres, l'enfant en moi essaie,
depuis nombre d'années, d'enfin respirer.
On m'a volé mon coeur d'enfant.
Intimité puérile violée par ceux qui devaient m'inspirer la sécurité.
Ainsi s'est envolée ma capacité de confiance.
Comment réussir à donner foi à un pur étranger lorsque
ceux qui vous ont donné la vie
menaçaient quotidiennement, par leurs gestes,
de vous l'enlever ?
Cette boule amère coincée au travers de ma gorge m'asphyxie
à p'tit feu (feu la petite fille que j'étais).
Assoiffée d'Amour que je n'ai pas reçu, même si j'en étais digne,
je le cherche sans cesse.
J'étouffe ma progéniture sous l'emprise dévorante de
mon affection démesurée et contrôlante.
Des blocages assaillent ma vie conjugale.
Je n'ai pas appris à aimer, personne ne me l'a montré.
Ai-je purgé ma peine?
Puis-je m'évader des barreaux que j'ai moi-même érigés
pour me protéger? Puis-je sortir de cette
cage dorée infantile qui ne m'est plus utile
et qui, dorénavant me nuit?
De mes douleurs j'ai suffisamment appris,
de mes erreurs aussi.
Je désire ardemment contrer cette carence.
Je veux renaître de mes cendres.
Si je trouve l'Amour EN MOI,
je ne le chercherai plus à l'extérieur, dans les autres.
Adieu déceptions âcres!
Si DIEU est partout c'est qu'il habite aussi en moi.
Nul besoin de connaître son histoire,
expérimenter sa Lumière me suffit.
Touche-moi Seigneur de ton Incandescence Divine.
Je t'ouvre mon coeur avec confiance.
Guide-moi afin que se cicatrisent mes plaies.
Avec ton aide, je consens à colorer mon passé...
pour m'offrir en cadeau le PRÉSENT.